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On ne combat pas les loups (PV Espérance)
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On ne combat pas les loups (PV Espérance)

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Lettre reçue le : 24/07/2014

DOSSIER SCOLAIRE
INVENTAIRE:
PETITES CHOSES A SAVOIR:
LIENS:

Parchemin rédigé par Jack Shareburg, Ven 15 Aoû - 0:51
Memoria omnia potent.

D’ordinaire, la mémoire n’est pas ce qui importe le plus aux gens. En fait, elle est même le cadet de leurs soucis, à moins que son utilisation ne devienne rigoureusement nécessaire, pour se souvenir des coordonnées d’une personne importante par exemple. Et dans ces cas-là, elle leur fait souvent défaut, comme pour assouvir une forme de vengeance pour ce manque de considération. Oui, elle n’est pas la chose la plus facile à appréhender lorsque l’on contemple le mirifique paysage de l’esprit humain. Où commence-t-elle ? Où s’arrête-t-elle ? Personne ne peut le savoir et pour la plupart, nous ne nous en occupons pas beaucoup plus que de son existence elle-même. Trop inconsistant, trop « perché », le sujet est abandonné aux mains des érudits qui ont du temps à perdre à s’en préoccuper. Et pourtant, même eux n’ont aucune réponse. Ils ne sont certains de rien, mis à part du fait qu’ils ne savent pas. Alors à qui demander ? Qui saurait comprendre l’irrépressible élan qui poussa un jeune homme à se lever en plein milieu de la nuit et quitter son dortoir, éclairé de la seule lumière de sa lanterne ?

Il marche sans émettre le moindre son, ses jambes fragiles supportant difficilement l’effort que constitue cette marche aveugle vers une destination inconnue. Le regard voilé et les cheveux ébouriffés, il se traine plus que n’avance, mais les ténèbres des escaliers continuent de l’appeler. Sa démarche rappelle celle d’un condamné au gibet : maladroite et désarticulée, comme si son corps lui-même se retrouvait tordu par deux instincts contradictoires alors même qu’il poursuit son pathétique chemin. Devant lui, les portes et passages semblent n’être que des voiles diaphanes incapables de retenir le froissement de son vêtement tandis qu’il les franchit, tel le fantôme qu’il est. Nulle matière ne saurait le retenir, nul obstacle ne peut entraver sa route. Il en a été décidé ainsi longtemps auparavant et c’est ainsi que seront les choses. Il traverse le couloir obscur sans croiser âme qui vive, fait normal à une heure aussi avancée. En tout cas, en ce qui concerne les vivants. Mais même les fantômes, d’ordinaires actifs et joyeux la nuit, semblent effacés par l’incroyable spectacle que constitue ce corps transgressant le repos qui lui est enjoint pour satisfaire à un besoin plus fort que la plus grande des raisons.

Car il s’agit bien d’un besoin, comment l’expliquer autrement par ailleurs ? Ce ne peut être qu’une nécessité absolue qui le fait traverser les escaliers à sa maigre lumière, n’hésitant pas une seule fois et pourtant si lent dans sa marche, un besoin relevant de son instinct le plus profond, le plus primaire. Le seul qu’il ait jamais possédé en réalité. Mais le vide interroge la lumière, où va-t-il donc, ce voyageur nocturne ? Où mène le chemin qu’il a choisi d’emprunter, sortant du manoir dévolu aux Combattants pour pénétrer dans l’enceinte du Château ? Cela, la lumière ne le sait. Cependant, quelqu’un d’autre a la réponse, quelqu’un que l’on oublie très souvent lorsque l’on s’interroge comme le font lumière et ténèbres : la Mémoire, encore elle. Car Elle voit parfaitement quel chemin emprunte le corps à qui l’in donna le nom de Jack. Ce chemin, il la parcouru maintes et maintes fois par le passé, tantôt blond, tantôt brun, tantôt homme, tantôt femme. Mais toujours le même être au fond, toujours la même âme affamée, prisonnière d’un cycle sans faim d’épuisement au sein de son Asphodèle personnel, parmi les livres et les trésors de connaissance qu’ils contiennent.

La bibliothèque, c’est là qu’il se rend. Le chemin imprimé en lui depuis bien avant sa naissance semble briller sous ses yeux tandis qu’il ouvre les portes du rez-de-chaussée du château. Dans son état, il est inutile de s’inquiéter qu’il n’accorde aucune importance à la magie des lieux qu’il foule de son pied. Car pour lui, rien de tout ça n’a d’existence, rien de tout ça n’a de sens réel. En définitive, il demeure atrocement aveugle, capable seulement de regarder ce sur quoi se fixe son esprit enfiévré. Même les rares noctambules qui pourraient le croiser ne lui font ni chaud ni froid. Un étage, deux puis trois. Au quatrième, il cesse finalement sa marche forcée et regarde les lourdes portes de la bibliothèque, de l’autre côté du couloir. Sa main se tend, si avide qu’elle tente même de se saisir du vide de l’espace afin de le chasser. L’arrêt était de courte durée et l’objectif est proche. Ombre parmi les ombres, il se glisse dans l’espace exigu du couloir, la vacillante lueur de sa lanterne sur le point de s’évanouir lui rappelant encore à quel point ne pas agir pourrait lui coûter.

Enfin, sa main rencontre l’obstacle solide qui le sépare de ce que son âme appelle de tous ses vœux : la porte de la bibliothèque, dernière entrave entre le lien de son samsara et lui se dresse face à lui, sombre et impitoyable dans la faible lumière mourante. Impitoyable, mais pas fermée à clefs, il l’ouvre aisément et pose un pied à l’intérieur de la pièce.

****

Quelque chose cloche. Quand ai-je atterri ici ?

J’ai l’impression de m’éveiller d’un long sommeil, pourtant, je suis bien loin de mon lit : d’ailleurs je n’ai aucune idée de l’endroit où je me situe. J’ai la déplaisante et irrépressible sensation que quelque chose m’a manipulé et attiré ici à mon insu, pourtant je n’arrive pas à me rappeler à quel moment j’aurais pu être victime d’un charme quelconque. Alors que fais-je dans cet endroit ? Sentant un poids dans ma main gauche, je baisse les yeux sur elle et m’aperçois que je tiens une lanterne presque éteinte. Sa lumière mourante éclaire un coin de sol parfaitement propre, ni saleté ni imperfections ne viennent le ruiner. A part cette maigre information, je ne sais rien.

Non, c’est faux. Mes yeux ne s’y sont pas habitués, mais l’obscurité semble pressée de me délivrer son secret, comme si c’était elle la responsable de ma venue ici. Je la sens envahir mes pensées, geler mes sens et ma réflexion tandis que les souvenirs conservés dans mes jambes, mes mains et mes yeux déferlent en moi avec la force d’un raz-de-marée. Je sens la dureté du sol de pierre gelée sous mes pieds nus, je sens le conflit entre deux forces qui dénature mon corps et abîme mes mouvements. Cette sensation m’envahit, écœurante pestilence aux relents nauséeux. En cet instant, je connais pour la seconde fois l’immense douleur que constitue l’acte de « se rappeler ». Ma chair bout sous l’effort que je fais pour lui imposer d’aller plus loin encore. Car, mû par une indicible pulsion, je poursuis mon enquête plus profondément encore. Et je vois. je le vois. un jeune hmme roux assis à ce qui ressemble à une table, tenant un objet rectangulaire entre ses mains. Objet que ma mémoire identifie immédiatement.

Un livre.
Un fragment de souvenir.


Un livre, c’est ça. La vision se dissipe lorsque mes yeux s’habituent parfaitement à l’obscurité ambiante et je vois des livres par centaines tout autour de moi. La flamme de mon luminaire a depuis longtemps expiré, mais quelque chose en moi se moque bien de ne plus avoir de lumière. Quelque chose en moi sait que je devais venir dans cette pièce, pourtant, à présent que j’en suis plus ou moins conscient, cette pensée s’attaque à moi avec le tranchant d’une lame acérée et me laisse figé sur place, tendant désespérément vers tous ces livres, tous ces fragments de souvenirs, de mes souvenirs alors que mon corps refuse obstinément de quitter sa place.

Je suis prisonnier de moi-même, comme un animal en cage.

Étrange idée que celle-ci. J’ignore ce qu’est un animal en cage et pourtant je le sais. Quelque chose ne tourne pas rond, quelque chose dans toutes ces pensées n’est pas à moi. Je n’y peux rien cependant. Ces morceaux de savoir et de souvenirs qui ne sont pas miens circulent librement parmi ceux que je sais posséder. Finalement, cette bibliothèque contient probablement plus que des livres. Et j’y suis venu une raison tout autre que lire. Une raison que je commence à peine à pressentir.
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PETITES CHOSES A SAVOIR: Catholique pratiquante quand ses traditions reprennent le dessus ✻ pense constamment à sa famille qui lui manque énormément ✻ couve une haine dévorante contre a peu près tout le monde ✻ déteste le monde et ses promesses horribles ✻ ne crois personne et surtout pas elle-même ✻ espère secrètement retrouver son frère ✻ n'a jamais oublié son premier amour ✻ est toujours vierge mais le garde au fond d'elle même ✻ a une dépendance secrète ✻ a énormément de mal à se faire des amis ✻ est terriblement timide ✻ cache un caractère fougueux et sans pudeur
LIENS:

Parchemin rédigé par Espérance Dilys, Ven 15 Aoû - 9:21

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JACK & ESPERANCE
Le monde s'embrasait d'une douce lumière dorée et elle s'engouffrait dans une noirceur donnée, pour échapper aux bruits et à la misère de ses confrères, pour enfin trouver le calme et la paix, pour être tranquille, loin du monde.
La journée avait été longue, épuisante. Alors quand les derniers cours s’étaient terminés, la jeune femme était allée se réfugier à la bibliothèque, histoire d’être au calme. Elle avait traversé les couloirs, salué ses connaissances, donné quelques demi-sourires par-ci par-là mais ne s’était pas arrêté en chemin. Elle ne voulait pas faire l’hypocrite en sortant avec des amis ou en allant tenir compagnie à des gens qu’elle n’appréciait guère. Non, tout ce qu’elle voulait s’était d’être au calme. Ainsi, elle grimpa les marches quatre à quatre souhaitant de tout son cœur que les escaliers n’en fassent pas qu’à sa tête cette fois-ci. Car oui, cela était arrivé à un bon nombre de fois qu’ils la baladent dans l’école sans raison particulière, comme s’ils voulaient juste l’embêter. Chose étrange que ce sont ces escaliers. Enfin, cette fois-ci il n’y eu aucun incident.
Comme à son habitude, l’arriver à la bibliothèque l’a détendit grandement. Aleksy l’a rejoignit quelques minutes plus tard, terminant son repas d’un air satisfait. La bibliothèque était un havre de paix. Spacieuse, elle était caractérisée par ces étagères infinies, allant du sol au plafond remplies de livres plus ou moins intéressants. Le sol, recouvert d’épais tapis, semblait compter l’histoire de l’école et de la magie par ses scènes réjouissantes et tristes, vives et pleines de couleurs. Les tables de verre, dispersées un peu partout dans la bibliothèque permettaient de travailler et de s’étaler avec grand plaisir. Les lutins qui rangeaient les livres – ou qui empêchaient certains  étudiants d’en emprunter – auraient mieux valu d’être absents pour la plupart des élèves. Pourtant Espérance ne les détestait pas. Certes ils n’étaient pas des plus enthousiastes ou des plus sympathiques mais ils n’étaient là que pour faire leur travail, ce qu’elle ne pouvait pas leur reprocher. Les murs de la bibliothèque étaient – par endroit – composés de grandes vitres, décorées aux couleurs de la maison. Il n’était pas rare de croiser les patronus des animaux gardiens dans la bibliothèque, vacant à leurs occupations ou s’occupant des élèves de leur maison. C’était un havre de paix où il était rare d’entendre un mot plus haut qu’un autre, de croiser des personnes désireuses de calmer le calme ambiant ou des croiser des flemmards. Ici, il n’y avait – généralement – que des personnes désirant travailler ou désirant trouver un endroit calme pour finir la journée. Ce jour là, c’était le cas de la jeune Espérance, en quête d’une table vide.

Elle dépassa ainsi la bibliothécaire qu’elle salua d’un léger hochement de tête, croisa des lutins, qu’elle salua également et traversa les rayons en quête d’un petit endroit loin de tous, tranquille. Elle en trouva un, au fond de la salle, pas loin de la réserve, dans un petit coin. C’était son favori car très peu de gens venaient s’y installer – ou alors en dernier secours quand il n’y avait plus de place – car il n’y avait pas de lanterne sur la table, ni sur les rayons adjacents pour éclairer le lieu de travail, ainsi il était constamment dans les ombres, sauf à certaines heures de la journée. En cet instant, il était dans l’ombre la plus totale. La jeune femme pourtant savait qu’il y avait un moyen simple et efficace de s’éclairer : créer un globe lumineux. Ainsi, assise à sa table, elle déposa son sac, sortit ses affaires tout en murmurant le sort du globe qui vola pour se placer au-dessus de sa table. Il éclairait parfaitement l’endroit, ni trop, ni trop peu. Elle pouvait voir les livres et sa table, c’était tout ce qui comptait. Elle se retourna face aux rayons et chercha des livres pour ses devoirs. Elle devait travailler ses cours si elle voulait avoir son année. La jeune femme passa de rayons en rayons, attrapa un, puis deux, puis trois livres qu’elle retourna disposés sur sa table. En chemin, elle croisa un lutin qui lui demanda s’il en avait réellement besoin, pour toute réponse elle l’ignora et continua sa route. Elle s’installa à la table de verre et entreprit de travailler.

Les heures passèrent sans qu’elle en ai réellement conscience. Elle faisait ses devoirs, fermait un livre, allait le reposer, en prenait un autre et le cycle continuait. Son familier venait et repartait, vacant à ses activités sans déranger sa compagne, parfois il lui envoyait une question, pour savoir où elle en était, ce qu’elle faisait ou quand ils allaient finalement manger mais aucune ne trouva réponse, juste des bribes de mots qui répondaient vaguement à la question. Espérance était le genre de fille à tout faire correctement, ainsi quand elle se lançait dans quelque chose, elle allait jusqu’au bout, ne s’arrêtant certainement pas en chemin. C’était ainsi pour les cours, comme pour les bêtises, les défis, les challenges, bref quel que soit l’activité qu’elle débutait, elle s’y mettait pleinement, corps et âme. Ou presque. Elle ne vit donc pas le jour tombé, ni la nuit s’installée. Elle n’entendit pas les élèves se lever, quitter la pièce, elle n’entendit pas non plus les lutins grognés en rangeant ce que d’autres n’avaient pas été capables de ranger, bref elle ne vit pas que la bibliothèque fermait ses portes, ni même que son familier dormait à points fermés à ses côtés. Elle était dans ses bouquins et il n’y avait rien d’autre qui comptait. Les minutes puis les heures passèrent sans qu’elle ne prenne conscience qu’elle était désormais toute seule dans la bibliothèque et que personne n’était venue lui demander de partir. Pire, elle était dans l’école pendant le couvre-feu alors qu’elle devrait être au lit. Chose complètement interdite qui pouvait lui coûter une retenue. Comme si elle n’en avait pas suffisamment ! Entre les querelles avec Léopoldine et son travail en retard, une retenue de plus n’était pas de mise pour sa maison. Pourtant, cela ne la fit pas décrocher de son travail. Elle y restait plongée, fascinés par l’étude des créatures magiques et les mystères qu’elle découvrait au fur et à mesure de sa lecture. C’était fascinant, ça l’a fascinait et elle ne voulait pas quitter ce petit havre de paix. C’était encore trop tôt.

Mais alors qu’elle prenait une petite pause, remettait ses cheveux dans un chignon grossier, Aleksy entendit du bruit. Il se réveilla, alla voir et revint en catastrophe. Quelqu’un venait. La jeune femme éteignit son globe lumineux sur un coup de tête et ne fit plus de bruits. Ils ne devaient pas se faire prendre, et pire encore, elle ne voulait pas retourner se coucher tant qu’elle n’aurait pas fini de lire son livre. « Quelle tête de mule. » S’exclama Aleksy dans ses pensées. Oui bon, elle en faisait qu’à sa tête mais c’était mieux comme ça. Elle se leva, toucha de sa main les rayons – pour éviter de se prendre une étagère dans le museau – et entreprit d’aller voir d’où venait le bruit. Son cœur battait la chamade mais elle n’avait pas peur. Dans le pire des cas, elle tomberait sur un surveillant ou sur un combattant faisant une ronde. Elle ne craignait rien.


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Parchemin rédigé par Jack Shareburg, Dim 24 Aoû - 23:35
Un bruit. Une personne. Cela semble furtif, mais les sensations furtives ne trompent jamais. Il y a quelqu’un dans la bibliothèque. Et mon sang se fige dans mes veines, suspendant le transit de l’oxygène entre mes muscles et mon cœur. En y faisant bien attention, je peux sentir ces petits atomes immobiles, coincés au milieu de millions de globules rouges dans un amalgame carmin plus dense que l’eau. En me concentrant, je peux aussi ressentir les muscles avides ouvrir leurs récepteurs dans le vide, impatients de recevoir la nouvelle fournée d’énergie qui leur permettrait de bouger. Encore un peu plus, et je peux même sentir mon cœur suspendu entre deux battements, indécis. Il ne sait pas à qui envoyer quelle quantité de sang, toute sa mécanique ébranlée se grippe soudainement et c’est le corps entier qui en pâtit. Enfin….le corps, mais surtout le cerveau. Je ne peux plus penser. Les connexions entre mes neurones sont silencieuses, tout ce fourmillement d’activité électrique qui caractérisait l’organe le plus important de ma personne s’est arrêté. Mais quelque chose cloche. Quelque chose…..quelque chose m’échappe.

Si Je ne pense plus, qui écrit ces lignes ?

Ce n’est qu’un pressentiment, évidemment. Pourtant, je ne peux me détacher de l’ignoble malaise qui m’envahit. Pour la première fois, mes perceptions m’indiquent que le danger ne vient pas du dehors. C’est mon propre univers interne qu’il me faut désormais craindre. C’est dans cette machine devenue indépendante et autonome que se dissimule la dague qui se plantera en moi. Un vieux poème remonte en mon esprit désert pour décrire cette sensation. Il n’est pas de moi, je le sens venir… d’ailleurs. D’un temps si antérieur que je ne saurais le décrire. Mais ses paroles, elles, demeurent vraies. Et elles ne me causent plus de douleur, puisque mon cerveau est momentanément mort.

Je suis la proie de mon esprit.
Mes pensées sont d’acier et ma chair meurtrie.
Mille millions de neurones dorment figés en moi
Inconscient de la douleur, ni même de ma fin
J’ai enduré l’oubli pour raviver ma mémoire
Et cette âme vidée ne peut plus survivre
Oui, si tout ceci avait encore un sens
Je serais….mon propre souvenir.


C’est bien cela. Je suis mon propre souvenir. Je suis le souvenir de ce Jack Shareburg qui ne peut plus bouger, de cette statue de sel qui, quelques instants auparavant, était encore humaine. Mais Jack Shareburg ne vit qu’au travers de ses souvenirs, alors tant que je survis, il ne peut mourir. Réveille toi mon cœur, souviens-toi de ton dernier battement. Je sais que tu es perdu, mais la mémoire de tes cellules saura te rappeler à tes devoirs. Réveille-toi mon corps, le danger est à ta porte. Un autre être vivant a envahi notre sanctuaire, il faut fuir ou affronter. Souviens-toi des luttes, souviens-toi de la tension. Réveille-toi mon cerveau, souviens-toi de la douleur, souviens-toi de vivre. Souviens-toi de moi et pense. Pense.

Mon cœur repart. Le sang figé explose mes artères à la vitesse d’une balle de fusil. Vivre fait mal. Respirer fait mal, penser fait mal. Mes membres engourdis sont à nouveau irrigués, je peux bouger. Et entendre. Le feulement rauque et menaçant d’un fauve est le premier son issu de l’extérieur qui parvient à mes oreilles. Puis vient son odeur. Musquée. Je me rappelle de cette odeur, comment l’oublier ? Elle m’a hanté si longtemps, m’a fait rêver et espérer si longtemps….dans une autre vie, à une autre époque. Panthère noire.

Mon corps est en état d’alerte. Mû par un instinct ancestral de bête traqué, il se souvent parfaitement de la puissance colossale de ces muscles souples, de ce corps svelte et félin. Danger intense. Dans mes jambes, mes muscles se contractent. Prêts à bondir en arrière à la moindre alerte, pourtant je m’avance au contraire. Pour voir mon adversaire, mais aussi comprendre pourquoi. Pourquoi une panthère dans une bibliothèque ? Un pas après l’autre, un mouvement après l’autre, le danger se rapproche inexorablement. Je traverse un rayonnage, puis deux, puis trois. Toujours rien. Je commence à songer que mon imagination s’emballe encore, sans doute à cause de la proximité de tous ces livres, mais l’absence de douleur ne peut me trahir. Il y a bien une panthère dans les environs. Et elle fait ce que son espèce sait faire de mieux : rester tapie en attendant de fondre sur sa proie.

****

Changement de vue, changement de scène. Dans cette pièce supposée interdite, à cette heure supposée tardive, deux êtres plus un sont sur le point de se rencontrer. Aucun d’entre eux ne sait ce qui les attire, mais ils s’attirent manifestement. Parce que les être humains sont ainsi et qu’ils soient Sor’cière ou combattant n’y change rien. Espérance Dilys et Jack Shareburg vont se croiser en ce lieu, ainsi en a décidé la lune qui veille et préside aux rencontres. L’observateur attentif verrait également une ombre se glisser dans un rayonnage et fixer ses yeux jaunes sur l’intrus. Tous les acteurs en place, le nouvel acte de cette tragédie reprend.
Lever de rideau. Silence dans la salle. Tous se préparent au choc de deux univers supposés ne jamais se rencontrer.

****

Elle est là. Pas la panthère, mais une autre personne. Une fille, à en juger par sa silhouette. Je ne perçois rien de son visage, tant l’obscurité est intense dans ce coin. Pourtant, je sais qu’elle m’observe en ce moment, je sais qu’elle aussi tente de déterminer à quoi je ressemble. Et je n’ai pas mal. Ce n’est pas une agression. Nous sommes deux chiens qui se flairent l’un l’autre. Qui est-elle ? Que veut-elle ? Que me veut-elle ? Une infinité de questions que je ne trouve pas la force de poser à l’oral. Ma voix est étouffée par l’écrasante présence du fauve dans mon dos. Je trouve néanmoins la force de marmonner de vagues excuses de ma voix enrouée :

"Pardon de déranger.....je....repasserai plus tard"

Je crois que c'est comme ça qu'on dit. Les paroles trébuchent sur mes lèvres mal assurées. Quatre ans que je n'ai pas ouvert la bouche et la première personne qui vient à m'entendre se tient entre les livres et moi. Quelle scène étrange, digne sans doute de figurer parmi les souvenirs qui composent celui que je suis maintenant.
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PETITES CHOSES A SAVOIR: Catholique pratiquante quand ses traditions reprennent le dessus ✻ pense constamment à sa famille qui lui manque énormément ✻ couve une haine dévorante contre a peu près tout le monde ✻ déteste le monde et ses promesses horribles ✻ ne crois personne et surtout pas elle-même ✻ espère secrètement retrouver son frère ✻ n'a jamais oublié son premier amour ✻ est toujours vierge mais le garde au fond d'elle même ✻ a une dépendance secrète ✻ a énormément de mal à se faire des amis ✻ est terriblement timide ✻ cache un caractère fougueux et sans pudeur
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Parchemin rédigé par Espérance Dilys, Dim 7 Sep - 12:42

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JACK & ESPERANCE
Le monde s'embrasait d'une douce lumière dorée et elle s'engouffrait dans une noirceur donnée, pour échapper aux bruits et à la misère de ses confrères, pour enfin trouver le calme et la paix, pour être tranquille, loin du monde.
L
a bibliothèque est toujours déserte, toujours, toujours, toujours. Elle ne s’est jamais fait prendre, n’a jamais eu aucun problème et voilà qu’elle tombe sur quelqu’un. Heureusement que son familier n’est pas une petite chochotte et qu’il a pu l’avertir que ce n’était qu’un élève. Tant un prédateur hors pair, il sait pertinemment quoi faire et comment le faire, chose qui rassure un tant soit peu la demoiselle de Rubis. Pourtant, son cœur tambourine toujours dans sa poitrine, comme s’il avait le feu aux fesses. Elle se force à respirer, calmement, ne voulant pas tout gâcher. Le couvre feu étant passé depuis bien des heures, elle se doute qu’il n’est pas là simplement pour se promener. Mais que diable vient-il faire à cette heure-ci à la bibliothèque ? Espérance, bien que droite comme un i et d’apparence calme, réfléchissait à toute allure, se demandant ce qu’elle pouvait bien faire. Certes, elle avait sa magie en cas de problème, mais elle était encore une novice et ne le maîtrisait pas parfaitement ce qui lui posait bien des ennuis d’ailleurs.
Puis elle le vit, il était là, en face d'elle et avait dans son dos Aleksy qui semblait près à le dévorer tout cru. Il n'était pas très musclé, pas très impressionnant, il semblait plus perdu qu'autre chose et semblait ne pas savoir ce qu'il faisait là. Serait-il ivre ou malade ? Bête peut être ? La jeune fille essayait de comprendre sans vraiment trouver de solution à son problème. Évidemment elle ne pouvait pas aller réveiller un enseignant ou un gardien, pour la simple et bonne raison qu'elle aussi était censée être au lit. Ensuite, elle ne pouvait pas utiliser sa place à la maison Rubis comme une marque d'autorité et lui "donner des ordres" si l'on peux dire cela ainsi. Elle n'avait donc aucune solution à son problème et se demandait vraiment comment elle allait sortir de ces ennuis. Non seulement elle risquait de se faire choper au moindre bruit et de se faire virer, mais en plus elle pouvait se mettre à dos une personne de plus - non pas que ça la dérange vraiment, mais sur le principe si elle pouvait éviter c'était toujours ça de pris. Qui plus elle, elle était de nature curieuse et aurait vraiment voulu savoir ce qui amenait ce jeune combattant dans le Château en pleine nuit. Il avait quand même du traversé une partie du parc et ce pour aller à la bibliothèque. Avouons que c'est un peu bizarre sur le principe. Espérance tenta alors le tout pour le tout, elle allait bluffer et elle verrait bien ce qu'il adviendrait de la situation. Elle n'avait pas vraiment peur de lui, à vrai dire elle n'en avait pas du tout peur mais elle ne voulait pas finir chez le directeur pour une broutille pareille. Et en plus, elle n'était pas fautive, c'est lui qui n'avait rien à faire là ! Si sa mauvaise foi était de retour, ce n'était pas bon signe du tout. "Pas de soucis, j'dirais rien mais tu n'as rien à faire là, tu devrais aller te recoucher." Elle passa à côté du combattant, fière, hautaine, droite et sûre d'elle. Le bousculant légèrement à son passage, ses livres serrés sur sa poitrine. Elle tourna dans une rangée, replaça un livre, fit demi-tour et alla reposer un autre livre. Elle contourna à nouveau le combattant qui était toujours planté au même endroit et soupira. "J'compte pas te tenir la main jusqu'à ton dortoir, si tu as sut venir ici tu sauras sans doute retourner tout seul dans ton lit." Elle le regarda d'un air hautain. "Ce serait mieux pour toi en tout cas." Et sans un mot retourna dans le petit coin sombre de la bibliothèque qu'elle adorait, attrapa son sac à main, les quelques bouquins qui restaient et entreprit d'aller les ranger.

Elle espérait juste une chose, qu'il soit aussi paumé qu'il en avait l'air et qu'il reparte de la bibliothèque sans faire la moindre vague. Elle n'était pas vraiment d'humeur à se prendre la tête ou même à supporter un combattant incapable de réfléchir par lui-même. C'était assez pour une soirée de tomber sur une personne inopportune dans un endroit désert.

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